Faiseurs de Disciples

Plan de Match prennent de l’ampleur au Québec

Frank Stirk

Deux ans après sa création, la version francophone de Blueprint s’impose comme un outil efficace pour toutes les églises locales qui désirent éveiller les hommes de leurs communautés et les former à devenir des faiseurs de disciples.

« Je me suis dit : « si j’avais disposé d’un outil comme celui-là il y a vingt ans, je me serai épargné bien des mots de tête » déclare Jean-Louis Larabie, responsable depuis de nombreuses années d’un ministère d’hommes dans la région québécoise d’Outaouais. « J’ai pensé que ce serait un outil extrêmement utile pour aider les églises locales à initier et à consolider un projet cohérent à destination des hommes des paroisses locales ».

Larabie fait partie des 6 membres du comité qui travaillent pour introduire Plan de Match – la version francophone de BluePrint– dans près de cinquante églises francophones de l’Outaouais, dont Hull, Gatineau et Maniwaki, situé sur la rive nord de la rivière des Outaouais, en face d’Ottawa.

« Durant les 18 derniers mois », déclare-t-il, « nous sommes entrés en contact avec des pasteurs et des dirigeants d’églises locales. Jusqu’à présent, nous avons établi un réseau de 25 églises dans lequel nous avons introduit Plan de Match. Nous avons déjà présenté une séance complète de formation aux dirigeants de cinq églises, et nous préparons actuellement notre tout premier évènement en français, prévu en septembre prochain ».

« C’est un projet en constant développement et nous prévoyons de dispenser prochainement de nouvelles présentations » ajoute son collègue du comité Lux Angers. « Nous tentons actuellement d’ouvrir un nouveau chapitre dans les Laurentides, une région au nord de Montréal ».

« Notre objectif est de rendre la foi aux hommes de notre région pour qu’à leur tour, ils nous aident à attirer de nouveaux fidèles. »

Hommes de Parole du Canada a inauguré Plan de Match en juin 2014. Il offre aux églises un cadre de travail pour faire grandir et évoluer les hommes à travers trois piliers fondamentaux : conquérir leurs cœurs, régénérer leurs esprits et impliquer leurs mains.

« Il ne s’agit pas uniquement d’une formule » déclare Ian Nairn, Responsable des relations communautaires de Hommes de Parole. « Le véritable défi est d’utiliser ce cadre de travail en l’adaptant aux besoins spécifiques de chaque communauté – où se trouvent-elles et quels sont leurs besoins en fonction de la génération des fidèles– ainsi que de développer des plans stratégiques personnalisés et créatifs pour les éveiller et les transformer en faiseurs de disciples ».

Larabie décrie Plan de Match comme « un moyen très simple » pour renforcer la relation entre les hommes de la communauté, de créer entre un lien fort et de bâtir des amitiés.  « Nous pouvons organiser toutes sortes d’activités pour rassembler ces hommes », déclare-t-il, « mais quand nous parvenons à leur donner un objectif, il est plus facile de créer un environnement solide qui permettra aux hommes de grandir à l’intérieur de l’église et d’avoir un impact positif sur leurs familles et sur leur entourage ».

« Tout est centré autour de la communauté » affirme Angers. « L’objectif n’est pas uniquement d’encourager les hommes à s’impliquer dans leurs églises locales, mais également d’être à l’origine de véritables missions, des activités qui pousseront les fidèles à s’impliquer en dehors du cadre de l’église ».

Plan de Match recommande d’organiser un évènement par an autour des trois piliers fondamentaux. En septembre prochain, notre premier évènement en français se concentrera sur deux ateliers, axés sur le renouveau de l’esprit. Mais il n’y a pas que dans l’Outaouais que Plan de Match trouve un écho favorable auprès des églises locales. Lors d’un lundi soir d’avril, la Christian Life Church de Winnipeg a accueilli une formation Plan de Match dirigée par Nairn qui a attiré près de 50 hommes venus de 15 ou 20 églises différentes. « J’ai été impressionné par la réponse que nous avons reçue, et je pense que Ian l’était également » a déclaré le pasteur principal Jim Poirier. « C’est la preuve qu’il y avait un désir et un intérêt certain pour ce genre d’activité ».

Poirier rencontrait pour la première fois la plupart des hommes présents à l’évènement. « Il y avait même un homme qui n’avait jamais rencontré le Seigneur » déclare-t-il. « Il avait simplement vu l’évènement sur internet. Il m’a dit : « je ne vais pas à l’église, mais j’ai eu un bon pressentiment et j’ai eu envie de participer ». J’ai trouvé ça incroyable ».

D’après ce qu’il a vu durant l’évènement et les retours qu’il en a eu, Poirier se dit certain que les hommes en sont partis ravis et enthousiastes. Désormais, CLC prévoit de généraliser le cadre de travail de Plan de Match à l’ensemble de son ministère d’hommes.

« Ce que nous voulons, c’est former de petits groupes de travail, lors de soirées d’enseignements autour de sujets très spécifiques – les addictions, la pornographie- tout en renforçant les liens entre les participants et en bâtissant un sentiment d’appartenance et de solidarité dans une atmosphère conviviale » déclare-t-il. « Les participants ne veulent pas uniquement s’asseoir et sortir ce qu’ils ont sur le cœur. Ils sont également là pour bâtir des relations humaines ».

Selon Nairn, l’un des axes les plus importants afin de garantir des résultats tangibles pour les participants, est de faire émerger des meneurs. « Idéalement, il est bon d’avoir un meneur qui est à la fois respecté des organisateurs et des hommes présents. Lorsqu’il prend la parole, les autres écoutent » dit-il. « Il est important d’avoir un relais qui va faciliter la tenue des évènements et faire le suivi ».

Cependant, Poirier, recommande aux pasteurs de ne pas désigner des meneurs trop rapidement. « Il faut d’abord s’assurer que votre meneur potentiel est exemplaire, qu’il a une attitude irréprochable, un bon cœur, qu’il est fiable et respecté. Si vous identifiez ce profil, tant mieux. Foncez » déclare-t-il. « Mais si vous ne le trouvez pas, alors cherchez-le, tentez de le faire émerger et priez pour qu’il se révèle. Et si personne ne peut occuper cette espace, alors c’est à vous de prendre cette place ».

Chaque église doit s’approprier Plan de Match et l’adapter à ses besoins particuliers, mais l’utilité de ce cadre de travail et la passion nécessaire pour le mettre en pratique restent exactement la même.

« Nous prions pour le renouveau de notre province du Québec » déclare Larabie. « Mais aujourd’hui, notre objectif est de rendre la foi aux hommes de notre région pour qu’à leur tour, ils nous aident à attirer de nouveaux fidèles. Plan de Match est un excellent tremplin pour leur lancer un défi : « Les gars, servons ensemble Notre Seigneur ».

Frank Stirk est un rédacteur et réviseur indépendant basé au nord de Vancouver. Avec plus de 40 d’expérience dans le journalisme de presse écrite, radio, et internet, il est toujours en quête de nouveaux horizons en tant qu’auteur et réviseur.